« La crise place l’économie sociale au cœur du débat, car elle postule que l’intérêt d’une entreprise n’est pas uniquement financier. » Thierry Sibieude, 49 ans, co-fondateur de la chaire entrepreneuriat social de l’Essec, définit l’économie sociale comme relevant de « l’initiative privée au service de l’intérêt général ». Il a fondé cette chaire pour « répondre à la fois à un besoin des entreprises classiques sur un thème transversal et à une demande des acteurs de l’économie solidaire qui manquent de gens formés ». La plupart des écoles de commerce proposent des cours de ce type, relativement populaires auprès des étudiants, parce qu’ils leur laissent entrevoir la possibilité d’une destinée autre que celle de devenir des cadres dans des multinationales.
« J’ai intégré la chaire entrepreneuriat social pour découvrir le milieu des gens qui veulent changer le monde », témoigne ainsi Mathieu, étudiant de l’Essec qui travaille actuellement pour une chocolaterie équitable au Venezuela. Ses camarades de promotion effectuent, pour leur part, des missions ou des stages dans des ONG, comme par exemple Interaid ou FERT (agriculture), des associations (telle Ashoka ou l’ADIE), des mutuelles (MACIF, MAIF) ou encore les départements de développement durable des grandes entreprises (Alcatel, Caisse d’Epargne).
« J’ai intégré la chaire entrepreneuriat social pour découvrir le milieu des gens qui veulent changer le monde », témoigne ainsi Mathieu, étudiant de l’Essec qui travaille actuellement pour une chocolaterie équitable au Venezuela. Ses camarades de promotion effectuent, pour leur part, des missions ou des stages dans des ONG, comme par exemple Interaid ou FERT (agriculture), des associations (telle Ashoka ou l’ADIE), des mutuelles (MACIF, MAIF) ou encore les départements de développement durable des grandes entreprises (Alcatel, Caisse d’Epargne).
Une notion vague
L’économie sociale est une notion vague, largement répandue dans les médias sans être précisément définie. Concrètement, apprendre l’économie sociale, c’est d’abord apprendre à en connaître les contours en étudiant notamment ses enjeux, ce qu’est l’entrepreneuriat social ou encore le rapport des entreprises au développement durable. La chaire de l’Essec propose aussi des leçons ciblées en « recherche de fonds », en « gestion des ressources humaines des bénévoles » ou encore en « évaluation de l'impact social ». « J'ai désormais une meilleure connaissance des acteurs du secteur, de leurs structures, leurs histoires et leurs modes de fonctionnement », explique Dorothée, étudiante de la chaire. Comprendre l’économie sociale, c’est aussi participer à des programmes de terrain comme à l’Essec où les étudiants donnent des cours de soutien scolaire ou effectuent des audits sur la gouvernance des associations. Mais le programme de la chaire de l'Essec reste relativement généraliste. « Si l'on s'intéresse aux problématiques de développement rural (1) par exemple, les cours de l’Essec ne seront pas suffisants. Il nous faudra creuser avec des expériences professionnelles dans ce domaine ou suivre des formations additionnelles », précise Anne, jeune diplômée.
Parmi les entreprises qui soutiennent les cours et les programmes de la chaire de cette école de commerce, on trouve la Caisse d’épargne, la Caisse des dépôts, la MACIF, la MAIF, Eco Emballages, le groupe Résidéo, la délégation interministérielle à la ville, Véolia ou encore la mission handicap et emploi. Autant de partenaires susceptibles de recruter quelques diplômés. Charge aux étudiants de profiter des opportunités qui leurs sont offertes : « Pendant mes 2 années d’études, je me suis fait un bon carnet d’adresses, on avait des séminaires thématiques avec un acteur du milieu toutes les semaines, les partenaires de la chaire mais aussi la Croix-rouge, Action contre la faim, Sidi (micro-finance), Les Jardins de Cocagne (jardins maraîchers biologiques à vocation d'insertion sociale), La Table de Cana (entreprise d'insertion)… » Thierry Sibieude, le responsable de la chaire, précise qu’il cherche « à accroître le nombre de partenaires », mais que « le contexte économique actuel n’y est pas trop favorable ».
Parmi les entreprises qui soutiennent les cours et les programmes de la chaire de cette école de commerce, on trouve la Caisse d’épargne, la Caisse des dépôts, la MACIF, la MAIF, Eco Emballages, le groupe Résidéo, la délégation interministérielle à la ville, Véolia ou encore la mission handicap et emploi. Autant de partenaires susceptibles de recruter quelques diplômés. Charge aux étudiants de profiter des opportunités qui leurs sont offertes : « Pendant mes 2 années d’études, je me suis fait un bon carnet d’adresses, on avait des séminaires thématiques avec un acteur du milieu toutes les semaines, les partenaires de la chaire mais aussi la Croix-rouge, Action contre la faim, Sidi (micro-finance), Les Jardins de Cocagne (jardins maraîchers biologiques à vocation d'insertion sociale), La Table de Cana (entreprise d'insertion)… » Thierry Sibieude, le responsable de la chaire, précise qu’il cherche « à accroître le nombre de partenaires », mais que « le contexte économique actuel n’y est pas trop favorable ».
Les débouchés sont dans les grandes entreprises
Une vingtaine de diplômés de l’Essec se lancent chaque année dans la création d’entreprise. Parmi eux, un ou deux porte un projet d’entreprise sociale comme par exemple « Choc Ethic - Puerto Cacao », une chocolaterie équitable, ou « Pesinet », un système de soins mutualiste pour les enfants du Mali. Ces deux projets bénéficient du soutien de l’Essec qui les héberge dans son incubateur d’entreprises sociales.
Mais l’essentiel des débouchés raisonnablement envisageables dans « l’économie solidaire » se trouve dans les grandes firmes. Les deux tiers des étudiants passés par la chaire travaillent ainsi dans des entreprises classiques. La moitié d’entre eux se dirigent vers les départements responsabilité sociale (RSE) et développement durable (qui ne sont parfois qu’une branche de la communication), voire vers les ressources humaines.
« Nous faisons souvent face à deux réticences », explique Thierry Sibieude : « les étudiants se disent que les salaires sont moins bons dans les entreprises sociales, ce qui n’est pas toujours le cas, et ils croient aussi que s’ils s’y investissent, ils ne pourront plus changer de secteur par la suite ». Un tiers seulement des diplômés de l’Essec qui ont suivi ces cours de spécialisation en économie sociale travaillent directement pour des acteurs de l’économie sociale en France ou à l’étranger : dans des ONG, des associations, des sociétés de conseil en développement durable (Be citizen, SustainAbility, Utopies) ou encore dans le développement rural. Des débouchés professionnels plutôt larges, qui reflètent à la fois l’effet de mode autour de l’économie sociale, son développement, mais aussi le flou qui entoure aujourd’hui ce concept. Qu’y a-t-il en effet de commun entre travailler à la communication - fût-ce sur le développement durable- dans une multinationale, pour un cabinet de conseil en Responsabilité sociale des entreprises (RSE), au sein d’une mutuelle, dans une ONG au Mali, dans une coopérative agricole en Equateur ou dans une entreprise d’insertion ?
Mais l’essentiel des débouchés raisonnablement envisageables dans « l’économie solidaire » se trouve dans les grandes firmes. Les deux tiers des étudiants passés par la chaire travaillent ainsi dans des entreprises classiques. La moitié d’entre eux se dirigent vers les départements responsabilité sociale (RSE) et développement durable (qui ne sont parfois qu’une branche de la communication), voire vers les ressources humaines.
« Nous faisons souvent face à deux réticences », explique Thierry Sibieude : « les étudiants se disent que les salaires sont moins bons dans les entreprises sociales, ce qui n’est pas toujours le cas, et ils croient aussi que s’ils s’y investissent, ils ne pourront plus changer de secteur par la suite ». Un tiers seulement des diplômés de l’Essec qui ont suivi ces cours de spécialisation en économie sociale travaillent directement pour des acteurs de l’économie sociale en France ou à l’étranger : dans des ONG, des associations, des sociétés de conseil en développement durable (Be citizen, SustainAbility, Utopies) ou encore dans le développement rural. Des débouchés professionnels plutôt larges, qui reflètent à la fois l’effet de mode autour de l’économie sociale, son développement, mais aussi le flou qui entoure aujourd’hui ce concept. Qu’y a-t-il en effet de commun entre travailler à la communication - fût-ce sur le développement durable- dans une multinationale, pour un cabinet de conseil en Responsabilité sociale des entreprises (RSE), au sein d’une mutuelle, dans une ONG au Mali, dans une coopérative agricole en Equateur ou dans une entreprise d’insertion ?
NB :
(1) soutien à la structuration de coopératives agricoles

Vie universitaire
À quoi cela sert-il d’étudier l’économie sociale ? Exemple à l’Essec






