La première année a été consacrée à la définition du projet, au ciblage des donateurs potentiels; bref, à la préparation avant de lancer l’offensive. Cette année de démarrage a été la plus dure puisqu’il fallait engager des fonds avant d’en avoir récolté. Sachant que le coût de l’organisation d’une campagne oscille entre 10 et 20% des fonds finalement récoltés, on mesure la prise de risque financière. En septembre 1999 toutefois, avant la lancée officielle de la campagne de l’UCL, la fondation Louvain avait déjà engrangé un don privé de 2,5 millions d’euros et un don d’entreprise de 2 millions d’euros.
Le lancement officiel donna lieu à des campagnes dans la presse, des conférences et d’autres évènements organisés par la fondation. En septembre 2000, le cap des 12 millions d’euros était atteint - 68% en provenance d’entreprises, 32% de donateurs privés. 42% des fonds étaient destinés à la création de chaires, 43% à la recherche et 5% finalement à l’Aula Magna, ce centre de congrès point de départ du projet. La construction a pu commencer. Elle s’est achevée en mai 2001 et a donné lieu à une visite des couples royaux de Belgique et de suède : une occasion rêvée pour inviter les mécènes. « Une fois créé le réseau d’amitié, il est très important de l’entretenir. Un mécène à qui on a oublié de répondre a arrêté ses dons du jour au lendemain », a confié Marcel Crochet.
Au final, la campagne a rapporté un peu moins de 19 millions d’euros. Forte de ce succès, la fondation Louvain a lancé en 2003 une deuxième campagne qui est aujourd’hui en voie d’achèvement.
Parmi les leçons de la première expérience, les responsables de la campagne retiennent qu’il est parfois plus coûteux voire peu rentable d’atteindre les petits donateurs. Toutefois leur implication est essentielle pour créer une dynamique d’ensemble. Afin d’associer tout le monde, grands et petits donateurs, l’équipe de la fondation Louvain a mis au point un ingénieux système de participation. Ainsi le coût d’une chaire sur trois ans, soit 300 000 euros, a été subdivisé en 1000 parts qui peuvent être achetées par des donateurs potentiels. Chacun sait donc exactement ce qu’il finance, quel que soit le montant de son don.