Education, formation, emploi, masters, grandes écoles et recherche. Observatoire Boivigny.

Observatoire Boivigny, analyses et forums sur l'enseignement supérieur


Evaluer et recommander, les deux principales missions de l’AERES


Il faut développer l'évaluation des universités, insistait déjà Jacques Attali dans un rapport sur l’avenir de l’enseignement supérieur en Europe, en 1998. Hier comme aujourd’hui, l'évaluation apparaît comme la contrepartie naturelle de l'autonomie universitaire. Dans cette logique, est née en 2006 l’AERES - l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur - qui a le statut d’autorité administrative indépendante. Dirigée par Jean-François Dhainaut, l’ancien président de Paris 5, elle rend public ses rapports qui apportent un éclairage aux responsables de la recherche et de l'enseignement supérieur pour l'affectation des moyens humains et financiers.



- Quels sont les objectifs et les missions de l’AERES ?

Jean-François Dhainaut
Jean-François Dhainaut
-L’AERES assume plusieurs missions. Agence indépendante, elle doit tout d’abord évaluer la stratégie des différentes structures d’enseignement supérieur – universités, grandes écoles – mais aussi des organismes de recherche, qu’ils soient EPST (Établissement public à caractère scientifique et technologique) comme l’Inra, le CNRS et l’Inria ou EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial) comme le CEA.
Nous avons également comme mission de valider les procédures d’évaluation des personnels de ces établissements. Nous évaluons enfin les formations, de la licence au doctorat en passant par les masters. Nous menons ces travaux tous les quatre ans. Ces évaluations étaient auparavant réparties entre différents organismes : le Comité national d’évaluation, le Comité national d’évaluation de la recherche et la Mission scientifique technique et pédagogique du ministère de l’Enseignement supérieur.

- Quelles sont les conséquences de ces évaluations, notamment pour une structure mal notée ?

- Notre rôle consiste à relever les points forts et les points faibles des établissements, ainsi qu’à émettre des recommandations. C’est ensuite au ministère en lien avec l’université ou le laboratoire de décider de moyens supplémentaires à allouer à telle ou telle mission et aux établissements et organismes eux-mêmes de réfléchir à une éventuelle réorientation stratégique. Les évaluations publiées sur notre site doivent ainsi servir de base à la mise en place de nouveaux contrats quadriennaux ou contrats d’objectifs et de moyens entre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche et la structure concernée. Certaines régions exploitent également nos évaluations - dans la répartition de leurs moyens aux universités.
Pour notre part, nous revenons quatre années plus tard pour vérifier les progrès réalisés.

- La Mission scientifique technique et pédagogique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche avait publié sur son site un classement des écoles doctorales… La MSTP ayant disparu, ce classement n’apparaît plus sur le site web du ministère, et n’est pas sur celui de l’AERES. Le reverra-t-on un jour ?
- Nous avons d’ores et déjà évalué un certain nombre d’écoles doctorales. Lorsque toutes auront été effectivement visitées, d’ici trois à quatre ans, nous établirons une notation complète mais qui tiendra compte des différentes catégories d’institutions en place dans notre pays. Ce qui nous intéresse, c’est d’arriver à faire progresser chaque école doctorale plutôt que de simplement les classer. Nous sommes en train d’établir une typologie des universités et des écoles pour ensuite comparer ce qui sera comparable. Un ranking des universités françaises à vocation internationale par rapport à leurs grandes concurrentes étrangères serait par exemple pertinent.

- Que pensez-vous de l’évaluation des enseignements par les étudiants, sujet dont on parle beaucoup aujourd’hui ? L’AERES a-t-elle vocation à reprendre cette tâche à son compte ?
- C’est aux universités et aux grandes écoles de faire évaluer par les étudiants leurs enseignements et leurs enseignants. Cette pratique, du reste très répandue à l’étranger, était d’ailleurs en vigueur à Paris 5, établissement que je présidais auparavant. L’AERES compte pour sa part associer davantage d’étudiants dans ses propres évaluations tant dans les comités d’experts qui se rendent sur les sites qu’au niveau de la définition de sa stratégie.

NB :

Le site de l'AERES : http://www.aeres-evaluation.fr/

Propos recueillis par Antoine Teillet
26/02/2008
Notez


Voir aussi : aeres
Lu 14370 fois


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter
B i u  QUOTE  URL

Les commentaires sont modérés a posteriori. Nous acceptons volontiers la critique de nos articles, les précisions et corrections apportées par les lecteurs ou l'ouverture de débats contradictoires en lien avec le sujet abordé. À l'inverse, nous nous réservons le droit d'effacer tout commentaire que nous considérons comme diffamatoire ou hors-sujet.

Journalisme / Communication | Enseignement | Ecoles de commerce | Classements | Ecoles d'ingénieurs | Fonction publique | International | Sciences-Po | Vie universitaire | Santé





Inscription à la newsletter



Chercher sur le site