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Les prépas littéraires rendues plus lisibles




Le Lycée du Parc, à Lyon
Le Lycée du Parc, à Lyon
Jusqu'à présent, lorsqu'un étudiant s'inscrivait en première année de classe préparatoire littéraire (1), le choix de ses options déterminait déjà le concours qu'il passerait deux ans après: langue ancienne pour celui de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, géographie conseillée pour celui de l'ENS lettres et sciences humaines (LSH) de Lyon. Parfois même, les premières années (hypokhâgnes) étaient différenciées comme au lycée parisien Henri IV, entre hypokhâgne A/L (ENS Ulm) et "hypo Cloud", préparant à l'ENS LSH (anciennement Fontenay Saint Cloud). Pour contrer ce déterminisme, ouvrir davantage le recrutement des prépas littéraires et aussi faciliter l'adaptation au LMD, le ministère de l'Education nationale a entrepris la "rénovation" de cette filière. Le mode d’organisation actuel "s’est révélé, par la précocité même de l’orientation, pénalisant d’un point de vue pédagogique et constitue, par ailleurs, un frein à l’engagement des élèves d’origine modeste dans ce type de parcours", a constaté la direction générale de l'enseignement supérieur (DGES). Et ce, d'autant que les chances de réussite à ces concours sont très limitées (2). "Perdre" ses deux premières années d'études, voire davantage en cas de redoublement, constitue un frein important. Pourtant, les élèves de prépas lorsqu'ils les tentent réussissent haut la main d'autres concours du type capes, agrégation, instituts d'études politiques (IEP).

Dès la rentrée 2007, où devra être mise en oeuvre la réforme, les hypokhâgnes dont le programme est refondu, pour y intégrer davantage de "culture antique", devront être "non déterminantes" par rapport aux concours, d'après la circulaire ministérielle publiée début mai. Elles devront permettre l’accès des élèves admis en seconde année aussi bien à des khâgnes “Ulm” qu’à des khâgnes “LSH”. Pour la session 2009, c'est-à-dire pour ceux qui auront suivi une hypokhâgne à partir de la prochaine rentrée, une "banque d’épreuves littéraires communes à plusieurs concours" sera constituée, sur le modèle de ce qui existe pour les écoles de commerce ou d'ingénieurs. Cette banque "mutualisera les épreuves de philosophie, d’histoire et de langues vivantes comme le sont déjà les épreuves des options artistiques (cinéma-audiovisuel, théâtre, histoire des arts)", précise la DGES. Cette réforme permettra, tout en conservant les spécificités des concours de chaque ENS (3), de "simplifier le recrutement" et "pourra entraîner l’élargissement des débouchés à d’autres établissements, en particulier l’École nationale des chartes, certains instituts d’études politiques et certaines écoles de commerce".
Les classes prépas littéraires, comme leurs homologues scientifiques et économiques, doivent s'ouvrir d'un point de vue social, selon les voeux formulés début 2006 par Jacques Chirac alors président de la République. "Aussi, la réforme des classes préparatoires littéraires devra-t-elle entraîner un accompagnement pédagogique renforcé permettant un traitement différencié des élèves de première année", insiste le directeur général de l'enseignement supérieur, Bernard Saint-Girons, qui "demande de réinvestir les moyens qui seront dégagés grâce à la simplification et à l’harmonisation de ce dispositif au service de cet objectif". Reste à contrôler l'application de ces préconisations.

NB :

(1) les prépas littéraires B/L (lettres et sciences sociales) ne sont pas concernées par cette réforme
(2) 114 postes pour 2 951 candidats à l'ENS LSH par exemple au concours 2006
(3) géographie à l’écrit pour le concours ENS LSH et oraux autonomes

Alison Cartier
13/05/2007
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Commentaires des lecteurs

1.Posté par Louise le 14/05/2007 04:23

Faire l'ENS pour finir dans une école de commerce, c'est vraiment lamentable et parfaitement inutile : on ignorait que Sénèque ou platoin était fait pour faier vendre. Quand à l'Ecole des Chartes, elle est accessible à tout élève de prépa qui veut bien s'en donner la peine et qui bosse, comme n'importe quelle autre prépa : le recrutement ne pose pas problème en terme d'éventail social, il pose problème en terme de postes budgétaires que la culture refuse depuis des années de mettre dans ce concours et dans le métier qui va avec (conservateur), de façon à organisuer une péurie qui justiifie la destruction de ce métier au profit des LMD minables que la fac nous concocte (il faut bien occuper la jeunesse, avant l'ANPE ..). Quand on sort de prépa, on passe sans trop de difficultés n'importe quel examen de fac et n'importe quel concours littéraire , parce qu'on a le NIVEAU pour et parce qu'on a BOSSE, d'où qu'on vienne. Cette "réforme" ne vise qu''à une chose : indiférencier les recrutements pour fabriquer des "professionnels-saucisse", vulnérables et jetables à merci. La France déteste sa propre excellence, c'est le fruit de l'Education nationale qui projette sur toute la société son incapacité de fonds à voir le monde réel (et qui emploie comme instit, des bac+10 à qui on nie toute compétence, via la prétention des inspecteurs de l'école primaire ...). Je suggère q'uon "mutualise" tant qu"'à faire le métier de médecin, en créant des épreuves communes avec le métier de plombier et celui de chirurgien avec le métier de couturière ; de même on combattra la sélection affreuse de Polytechnique en l'alignant sur le CAP de patissier et celui de l'ENA en l'ouvrant aux bac gestion. On en finira avec cet "insupportable élitisme" qui conduit à vouloir former des professionnels valables, dans ce beau pays où l'on recrute à moindre frais 10000 "médecins" étrangers qui participent à la gestion serrée des budgets des hopitaux en fournissant une main d'oeuvre pas chère, précaire, taillage et corvéable, dont on ne connait pas très bien le niveau professionnel..... Les arguments sur l'élitisme sont de la foutaise, vous le savez très bien, dès lors qu'un concours repose sur la maitrise de connaissances. On aurait préféré entendre qu'on modifiait le contenu des enseignements pour tenir compte de l'évolution générale des exigences et des métiers et non pas qu'on abaissait le tout pour mettre au niveau de la fac des enseignements qui ne sont pas des "filières générales" mais de vrais parcours professionnels.


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