En Rhône-Alpes, la situation est très différente. On compte pas moins de quatre écoles de management, dont trois sont directement gérées par des CCI locales: l’ESC Chambéry, l’ESC Saint-Étienne, et Grenoble école de Management. La quatrième, l’EM Lyon, a un statut associatif. Autant dire qu’une fusion des chambres est vue comme une catastrophe. « Les écoles vont devoir se battre entre elles pour les subventions », explique Michel Rollin, directeur de l’ESC Saint-Étienne, « la CCI régionale pourrait exiger que l’on travaille ensemble, mais ce ne sera pas évident de marier les cultures de petites écoles comme Chambéry et Saint-Étienne avec celles de gros acteurs comme Grenoble et Lyon. Et puis, si on garde les sites, le gros des coûts sera maintenu, il n’y aura pas tant d’économies d’échelle que ça. »
Pour Franck Recoing, vice-président de la CCI de Marseille en charge d’Euromed Marseille Ecole de Management, « les évolutions en cours vont générer une réflexion d’ensemble au niveau des chambres, elles ne pourront pas se permettre d’avoir deux grandes écoles concurrentes sur leur territoire ». En clair, les réformes laisseront des morts sur la route. Et si les CCI et les collectivités locales continueront, a priori, à soutenir au moins une école pour le rayonnement de leur région, celles-ci devront, de plus en plus, apprendre à se débrouiller toutes seules, réforme de la taxe professionnelle oblige. Fondations, taxe d’apprentissage, formation continue, investissement dans un campus high-tech, partenariats locaux et internationaux, tout sera bon à prendre pour renforcer les budgets, diminuer les coûts, se développer, ou tout simplement éviter de tomber dans le rouge.
Si les directeurs d’écoles interrogés se veulent combatifs, ils ne se font pas non plus d’illusions. Ils savent que les années à venir s’annoncent rudes. Après la taxe professionnelle, c’est la taxe d’apprentissage, autre source non négligeable de financement des écoles, qui pourrait être touchée.