Des propositions pour rationaliser la formation initiale
L'ENA, à Strasbourg
Corinne Desforges et ses co-auteurs proposent plusieurs évolutions pour rationaliser la dépense de l’Etat dans le domaine de la formation initiale (puisque c’est le terme qu’il convient d’employer même pour des écoles qui recrutent des fonctionnaires ayant parfois un bac+5 et 10 ans d’expérience professionnelles à leur actif). Certaines sont très convenues (mutualiser les fonctions supports des écoles, l’immobilier, la délivrance de formations sur un même thème), d’autres plus explosives (interdire à certains établissements de développer des activités de recherche, remise en cause du statut d’élève ingénieur rémunéré, rapprochement avec les universités pour la délivrance de diplômes...). Ci-dessous, nous avons choisi de lister les plus significatives des propositions contenues dans ce rapport :
- Créer le « groupe des écoles régionales d’administration », par fusion des cinq IRA, qui conserverait les cinq sites d’implantation actuels (Lille, Metz, Lyon, Bastia, Nantes) et disposerait à terme d’un conseil d’administration et d’une direction commune.
- Mutualiser l’immobilier des écoles de services publics qui sont proches géographiquement les unes des autres (partage d’amphithéâtres ou d’équipements sportifs, voire de logements étudiants, marchés passés en commun pour les services d’entretien, etc ; constitution de campus communs qui peuvent permettre l’usage mutualisé de tout ou partie des équipements).
- Développer les cursus courts de formation « métier » pour des fonctionnaires changeant d’activité.
- Engager une discussion avec le ministère de l’enseignement supérieur et le ministère de l’éducation nationale pour voir dans quelle mesure les écoles de service public qui ne délivrent pas de diplôme à leurs élèves (soit les deux tiers d’entre elles) pourraient éventuellement le faire par le biais ou non d’un partenariat avec l’université (au sein d’un PRES par exemple).
- Personnaliser les formations : en permettant aux élèves de suivre des enseignements à option, en regroupant les élèves par niveau...
- S’interroger sur la pertinence pour certaines écoles de développer leurs activités de recherche, alors même que ce n’est pas leur mission. Les auteurs du rapport préconisent de limiter aux établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP) les activités de recherche et de publication, c’est-à-dire essentiellement à des écoles d’ingénieurs, mais pas aux établissements publics administratifs (EPA) comme l’ENA par exemple, qui a pourtant développé un centre de recherche ces dernières années.
- S’interroger au cas par cas sur les avantages et les inconvénients du maintien du statut d’élève ingénieur. Les auteurs soulignent que « dans les écoles d’ingénieurs, la part minoritaire des élèves fonctionnaires pose la question de leur traitement spécifique et notamment de leur rémunération pendant la scolarité, dans la mesure où ils suivent strictement le même cursus que les élèves civils ».
- Développer la formation à distance
- Impulser une politique de mutualisation pédagogique entre écoles (modules communs de formation, organiser des sessions communes aux écoles dont les élèves seront appelés à travailler ensemble dans un même contexte professionnel...)
- Eriger certaines écoles en pôle d’expertise, comme l’ENFIP pour les finances publiques, l’INTEFP pour la santé au travail ou l’ENA sur les questions européennes. Dans ces domaines d’expertise, les écoles leaders serviraient de référents et d’appui aux autres écoles
- Inciter les écoles à facturer le logement des élèves en formation initiale. Ce, dans la mesure où si 62 % des écoles offrent à leurs élèves des possibilités d’hébergement, seules 13% font participer financièrement les élèves pourtant rémunérés pour étudier.
- Créer le « groupe des écoles régionales d’administration », par fusion des cinq IRA, qui conserverait les cinq sites d’implantation actuels (Lille, Metz, Lyon, Bastia, Nantes) et disposerait à terme d’un conseil d’administration et d’une direction commune.
- Mutualiser l’immobilier des écoles de services publics qui sont proches géographiquement les unes des autres (partage d’amphithéâtres ou d’équipements sportifs, voire de logements étudiants, marchés passés en commun pour les services d’entretien, etc ; constitution de campus communs qui peuvent permettre l’usage mutualisé de tout ou partie des équipements).
- Développer les cursus courts de formation « métier » pour des fonctionnaires changeant d’activité.
- Engager une discussion avec le ministère de l’enseignement supérieur et le ministère de l’éducation nationale pour voir dans quelle mesure les écoles de service public qui ne délivrent pas de diplôme à leurs élèves (soit les deux tiers d’entre elles) pourraient éventuellement le faire par le biais ou non d’un partenariat avec l’université (au sein d’un PRES par exemple).
- Personnaliser les formations : en permettant aux élèves de suivre des enseignements à option, en regroupant les élèves par niveau...
- S’interroger sur la pertinence pour certaines écoles de développer leurs activités de recherche, alors même que ce n’est pas leur mission. Les auteurs du rapport préconisent de limiter aux établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP) les activités de recherche et de publication, c’est-à-dire essentiellement à des écoles d’ingénieurs, mais pas aux établissements publics administratifs (EPA) comme l’ENA par exemple, qui a pourtant développé un centre de recherche ces dernières années.
- S’interroger au cas par cas sur les avantages et les inconvénients du maintien du statut d’élève ingénieur. Les auteurs soulignent que « dans les écoles d’ingénieurs, la part minoritaire des élèves fonctionnaires pose la question de leur traitement spécifique et notamment de leur rémunération pendant la scolarité, dans la mesure où ils suivent strictement le même cursus que les élèves civils ».
- Développer la formation à distance
- Impulser une politique de mutualisation pédagogique entre écoles (modules communs de formation, organiser des sessions communes aux écoles dont les élèves seront appelés à travailler ensemble dans un même contexte professionnel...)
- Eriger certaines écoles en pôle d’expertise, comme l’ENFIP pour les finances publiques, l’INTEFP pour la santé au travail ou l’ENA sur les questions européennes. Dans ces domaines d’expertise, les écoles leaders serviraient de référents et d’appui aux autres écoles
- Inciter les écoles à facturer le logement des élèves en formation initiale. Ce, dans la mesure où si 62 % des écoles offrent à leurs élèves des possibilités d’hébergement, seules 13% font participer financièrement les élèves pourtant rémunérés pour étudier.
NB :
(1) Le « rapport sur la formation initiale des fonctionnaires de l’Etat dans les écoles du service public » a été établi par Corinne Desforges, une Inspectrice générale de l’administration, déjà auteur en 2008 d’un rapport sur les concours d'accès à la fonction publique de l'État dans lequel elle regrettait que les écoles de service public ne sélectionnent pas les futurs fonctionnaires sur les bonnes compétences. Elle faisait ainsi le constat que l’Etat sélectionnait davantage ses agents qu’il ne les recrutait. Elle décrivait les concours de la fonction publique de l’État comme « des machines à sélectionner des candidats, sans objectif précis en termes d’emplois à pourvoir ». Elle reprochait aussi à ces concours d’être d’une « architecture très hétéroclite » avec une « information difficile d’accès, éclatée et incomplète ». Pour répondre à ces sujets de préoccupation, elle a formulé des propositions dont certaines ont été reprises rapidement : professionnalisation des épreuves d’admission, valorisation des compétences dans les concours internes (en tout 260 concours ont été rénovés), et d’autres mises de côté (ouvrir les concours non plus par corps, mais par niveau et par filière professionnelle...). Les autres auteurs du rapport sur la formation initiale des fonctionnaires sont : Noémie Angel (IGA) - Marie-Hélène Debart (IGA) - Bénédicte Renaud-Boulesteix (IGA) - Jean-Marc Berlioz (IGA) - Claire Paulard-Lanapats (CGEFI) - Alain Tessier (CGEFI)
(2) À télécharger ci-dessous :
(2) À télécharger ci-dessous :
Formation_initiale_dans_les_ecoles_du_service_public.pdf
(2.74 Mo)

Vie universitaire
Un rapport préconise de nouvelles fusions et économies dans les 70 écoles du service public