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La rentrée des écoles de journalisme : sous le signe de la modestie




Le Centre de formation des journalistes (CFJ) n’a recruté cette année que 35 élèves, contre 45 auparavant. La « grande école du journalisme », comme il se définit, a connu une année 2003 difficile, avec un dépôt de bilan puis sa reprise par la société EFE. Mais c’est un autre motif qu’avance le CFJ pour expliquer cette promotion réduite : l’état du marché de l’emploi. « Est-il responsable de former 50 journalistes ? s’interroge Fabrice Jouhaud, directeur des études. Nous proposons deux années supplémentaires d’études, mais pour quoi ensuite ? Nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos élèves. Je n’ai pas envie de former des précaires », assène-t-il. Les autres écoles font-elles également profil bas devant la déprime du secteur ?

Le Celsa, l’Ecole de journalisme et de communication de la Méditerranée (EJCM) l’Ecole de journalisme de Toulouse (EJT), l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ), l’Institut de la communication et des médias (ICM) de Grenoble, l’Institut pratique du journalisme (IPJ), l’IUT de Bordeaux, ceux de Lannion et de Tours, restent à effectifs quasi constants. Cependant, sur son site internet, l’IUT de Tours attire l’attention des aspirants journalistes « sur les difficultés actuelles du secteur des médias, non pour en détourner ceux qui en ont vraiment envie, mais pour souligner qu'il ne faut pas s'y engager à la légère et pour le seul intérêt d'études passionnantes ».

En matière d’effectifs, le CUEJ se démarque des autres établissements : de 40 recrues en 2003, il passe à 49 cette année. La maîtrise sciences et techniques (MST) du journalisme est « en restructuration à la suite de la réforme LMD », explique-t-on à Strasbourg. Des troisièmes cycles proposés par le CUEJ disparaissant (DESS infocom en 2003, DESS eurojournalisme aujourd’hui), le centre peut élargir ses promotions et se préparer à un vaste master en journalisme pour la rentrée 2005.

Evolution des IUT

A ces promotions qui arriveront dans deux ans sur le marché du travail, s’ajoutent celle de l’Institut français de presse (IFP, DESS journalisme) recrutée en septembre, qui sera la première à être reconnue par la profession à sa sortie dans 18 mois, ainsi que celle de l’école de journalisme de Sciences Po Paris. Son tout nouveau diplôme n’est lui pas encore reconnu, mais de par ses moyens, cette école pourrait rapidement faire de l’ombre aux autres établissements. 40 élèves y entrent en 1ère année, 20 en 2e année. Plus de 30% d’entre eux sont étrangers, et non la moitié comme l’ambitionnait l’école. Ils commencent leur cursus par des visites de rédactions, d’organismes professionnels, de centre de tris… une initiative originale.

D’autres changements sont en cours dans les écoles de journalisme : c’est la dernière année que l’IUT de Bordeaux propose une « année spéciale » pour décrocher le DUT en journalisme reconnu par la profession (en un an). 46 places seront ainsi ouvertes en 2005 pour un cycle de 2 ans uniquement. « Les critères de reconnaissance imposent que la formation dure 18 mois. Nous devions nous aligner sous peine de mettre en péril l’ensemble de l’IUT », explique Gaël Le Dantec, directeur des études. De plus, «l’année spéciale s’adressait à des personnes qui avaient déjà un bagage universitaire et qui devaient se former à la technique. Mais une année, cela reste trop court», ajoute-t-il.
Quoi qu’il en soit, l’IUT de Bordeaux devrait mettre un place, d’ici deux ans, un master en journalisme (recrutement à bac+3)…qui ferait disparaître l’IUT en journalisme. « Nous n’avons plus grand-chose d’une filière IUT. Cette année, un seul élève sort juste de terminale, par exemple ! », selon M. Le Dantec. On mène le même type de réflexion sur « l’année spéciale » du côté de l’IUT de Tours. Celle-ci est amenée à évoluer.

A contrario, l’IUT de Lannion, qui ne propose pas « d’année spéciale », ne prévoit pas de modifications de son cursus pour le moment, selon Béatrice Damian, responsable pédagogique de la formation en journalisme : le recrutement se fait bien dans l’année après le bac pour la majorité, et l’IUT propose dans le prolongement du DUT une licence professionnelle « animation et gestion d’une équipe rédactionnelle » qui l’inscrit dans le schéma LMD.

L’apprentissage expérimenté à l’IPJ

Autre nouveauté, l’IPJ doit ouvrir prochainement un cursus, inédit pour une école de journalisme, qui permet de décrocher le même diplôme que par la voie « normale »: l’apprentissage. Il se distingue de la formation par alternance (contrat de qualification), déjà proposée par l’établissement en presse écrite, de par sa non-spécialisation (presse écrite, mais aussi radio, télé, multimédia…), un nombre d’heures de cours supérieur (21 semaines de cours en 1ère année, 15 en 2e année, contre une semaine par mois en alternance), une condition de niveau d’études (bac +3) et enfin un encadrement plus poussé, par un maître d’apprentissage qui participe à l’évaluation de l’étudiant. 12 à 16 jeunes devraient être recrutés par des entreprises de presse dans ce « cadre expérimental », selon les mots du directeur de l’IPJ Pascal Guénée, pour un cursus qui devrait débuter fin février 2005 et durer deux ans.

Le calendrier des concours organisés par les écoles reconnues a déjà été défini pour 2005 : une réunion a eu lieu mi-septembre à l’initiative de l’IPJ afin que les directeurs se concertent et permettent aux candidats de passer plus facilement plusieurs épreuves. Cette méthode déjà appliquée cette année par l’IPJ, l’ESJ et le CFJ va ainsi être étendue.


Alison Cartier
26 Septembre 2004






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